[an error occurred while processing this directive] Chorchîles, neurès bièsses...

Chorchîles, neurès bièsses... jetées aux flammes hier, célébrées aujourd'hui ! Nous sommes chaque année plus nombreux à nous laisser emmacraller par ces stars du folklore. En cette veille d'Halloween
qui les fait ressortir des placards, nous vous présentons deux repères à sorcières:
Ellezelles et Vielsalm. Partez à li Tchess aux macralles. Aujourd'hui, c'est pour rire!

 

Jadis, ce charmant petit village du Hainaut (5.500 habitants dans l'entité) vivait enclavé dans sa vallée, sans chercher à conquérir ni le monde, ni même ses voisins immédiats de Frasnes ou de Wodecq.

Aujourd'hui, si Ellezelles est célèbre pour son sabbat des sorcières, c'est presque par hasard, et grâce à l'opiniâtreté d'un de ses plus célèbres habitants : Jacques Vandewattyne (Watkyne).


Il y a une trentaine d'années, alors que l'artiste s'apprêtait à inspecter une butte qu'il prenait pour un tumulus romain à Aulnoit, les fermiers du coin tentèrent de le décourager : Ne traîne pas là, c'est le Mareû à chorchîles". Intrigué, ce passionné d'histoire poursuivit ses recherches et, à défaut de vestige romain, découvrit qu'en 1610, cinq femmes avaient été brûlées vives pour sorcellerie à Ellezelles. La butte en question ne correspondait ni à l'endroit où les sorcières étaient censées se réunir; ni à celui où elles avaient été brillées. Mais, les siècles passant, la géographie avait pris ses aises et jeté son dévolu sur cette prairie suspecte.

Une idée vint à Jacques Vandewattyne de "célébrer" l'événement au cours d'un grand sabbat lors des feux de la Saint-Jean. "Ironie de l'histoire, commente Paul Schillings, de la maison des collines : alors qu'on a voulu les éliminer radicalement à l'époque, on ne se souvient plus que de ces cinq femmes-la aujourd'hui !"
Lorsque les festivités se mettent en place, certains fermiers s'inquiètent "Au début, précise Christian Pieman, co-organisateur du sabbat, les anciens se barricadaient même dans leur maison en craignant-on ne sait quel maléfice". Aujourd'hui, les plus vieux ont disparu et, le jour du sabbat, on ne craint plus que... le parking sauvage ! Car, de modeste au départ, l'événement attire à présent un bon 6 000 visiteurs, tandis que la fête mobilise une centaine d'acteur chaque année. Pour endosser le rôle des sorcières, les femmes ne se bousculent pas Mais faut-il vraiment s'en étonner ? Même pour le folklore, on ne brille d'ailleurs plus les sorcières à Ellezelles. On les oblige, par l'intermédiaire du seigneur de l'endroit, à se convertir à la magie blanche. Quant aux adeptes des rites sataniques, ils ont dû déchanter. La fête est certes endiablée mais tout cela reste bon enfant. Et Si le "mareû à chorchîlles" est un peu nu, c'est que malgré de nombreux essais, on n'a jamais réussi à y faire pousser quoi que ce soit. Décidément, il n'y a pas de sorcières sans mystère...

A voir : Maison du pays des Collines :
Récemment ouverte au centre d'Ellezelles, la maison du pays des Collines vous propose notamment un parcours-spectacle très réussi retraçant le passé de la région (plutôt turbulent avant Charles Quint), ses atouts et ses spécificités "satanico-ensorcelantes", avec décor, effets sonores et visuels pour vous mettre dans l'ambiance. On évitera néanmoins de la visiter avec des tout-petits qui risquent d'être impressionnés Dans le hall d'accueil, une série de panneaux extrêmement bien faits font le tour de la question des sorcières en Belgique et à l'étranger, dans la littérature, le cinéma, etc.

A faire : Le sentier de l'Etrange :
Entre vallons et bocages, entre forêts mystérieuses et rangées de saules aux silhouettes troublantes, vous suivrez un chemin balisé de sculptures mystérieuses (signées Jacques Vandewattyne) qui vous entraînera littéralement tout autour d'Ellezelles. 5 km à pied de pur bonheur pour déguster des paysages bucoliques. Question frissons, à noter que sont également organisées des promenades contées nocturnes, balisées de betteraves évidées et éclairées à la manière des citrouilles d'Halloween.

A déguster :Le philtre des sorcières :
A prévoir dans sa pharmacie contre tout envoûtement éventuel Si vous aimez le sirop pour la toux, vous allez adorer cette mixture verte, alcoolisée et horriblement sucrée. Sinon, rabattez-vous sur la délicieuse Quintine, bière du crû et boisson obligatoire un jour de sabbat.

A noter : dans votre agenda
Le sabbat, le dernier samedi de juin :
Le scénario reste le même mais pour ne pas lasser le public, les organisateurs prévoient des variantes chaque année. La première partie se déroule au centre d'Ellezelles avec théâtre de rue, intronisation des nouveaux chevaliers de l'ordre du Ramon, cortèges, jets de sortilèges et Quintine à volonté pissée par Eul Pichoûre, la sorcière-mascotte d'Ellezelles. Vers 21 heures, tout le monde se met en route jusqu'au mareû par des petites routes de campagne en compagnie du Loup-Garou et autres Verts-Boucs. C'est parti pour un spectacle son et lumière avec grand feu, Diable, sorcières s'apprêtant à de diaboliques amours, sous les incantations de toute l'assemblée ("Houp, houp, riki, rikète. Pad'zeur les haies et les bouchons, vole au diâle et co pus long !"). La morale est sauve lorsque les paysans interviennent pour capturer la compagne de Lucifer.


A demander : La documentation :
À l'Office du tourisme d'Ellezelles.
On y prépare notamment un alphabet (folklorique) de la langue des sorcières TÉL : 068/544 600.

 

source : Femmes d'Aujourd'hui paru en juin 2001
textes : Anne Deflandre

Texte publié avec l'aimable autorisation de Anne Deflandre


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